LA LIBERTÉ SYNDICALE NE SE MARCHANDE PAS!

Posté par foass77 le 11 août 2008

 

Visiblement, la campagne de communication sur le pouvoir d’achat du gouvernement, annoncée pour 4,3 millions d’euros, fait chou blanc. Tenter de justifier ce qui n’existe pas relève de la prestidigitation et, de fait, ça ne marche pas à tous les coups.

Ce n’est pas une campagne de pub qui remplit les porte-monnaie.

L’augmentation des salaires, retraites et minima sociaux est la seule réponse viable, dans le privé comme dans le public. Qui plus est quand l’inflation repart à la hausse et creuse les écarts (+3,3% sur un an).

N’en déplaise à la Banque centrale européenne dont la préoccupation monomaniaque (la hausse des prix) la conduit à relever les taux d’intérêt et à prôner la modération salariale!

Le gouvernement, qui ne propose en 2009 que 0,8% d’augmentation à ses agents, a beau déclarer que le recours aux heures supplémentaires augmente, personne n’est dupe. Pour une bonne part il s’agit du passage d’heures supplémentaires non déclarées à des heures supplémentaires déclarées.

Quant au bouclier fiscal à 50% qu’on nous a présenté comme devant surtout concerner les plus modestes, les chiffres viennent de tomber: 91% des sommes sont concentrées sur les revenus les plus élevés. Comme le dit le dicton: «On ne prête qu’aux riches».

Revendiquer de vraies augmentations de salaires et la mise en place rapide de la prime transport est donc prioritaire.

Au niveau national comme au niveau européen, il est plus que temps que l’économie soit au service du social et non l’inverse (au profit quasi exclusif du capital).

Sur les salaires, comme sur les retraites, les allocations et les minima sociaux, seul le rapport de force permettra de faire reculer le gouvernement et le patronat.

Ces derniers temps le dossier 35 heures et la représentativité ont éclipsé, dans l’actualité, les autres dossiers sociaux. Mais les faits sont têtus et notre détermination entière.

Par ailleurs, les débats au Parlement sur la représentativité ne manquent pas de sel.

Ainsi, un amendement visant à déterminer, sous trois ans, les règles pour la représentativité patronale a été repoussé sous prétexte que cela ne figurait pas dans la position dite commune. Le patronat va donc pouvoir continuer à bénéficier d’une représentativité d’ordre divin. On exige des organisations de travailleurs qu’ils prouvent leur audience, mais on exonère les organisations d’employeurs. Où est l’égalité de droit? On contestait (y compris à la CGT et à la CFDT) le caractère irréfragable de la représentativité syndicale, mais on ne s’émeut pas de la représentativité intouchable des organisations patronales.

Tout cela s’apparente à une dérive contre la démocratie et la République.

Il va de soi, quand les textes seront adoptés, que nous les éplucherons à la loupe au regard des principes constitutionnels et des conventions internationales du travail.

La liberté syndicale ne se marchande pas.

Et nous n’oublierons jamais que c’est pour contrer le principe de libre désignation des délégués syndicaux que les employeurs ont obtenu la mise en place des élections pour les délégués du personnel. C’était en 1936.

Il a fallu attendre 1968 pour avoir la liberté de désigner les délégués syndicaux. Ce que n’ont jamais accepté les employeurs qui prennent, aujourd’hui, une revanche avec quelques complicités.

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