• Accueil
  • > Archives pour septembre 2007

CHACUN PRENDRA SES RESPONSABILITÉS

Posté par foass77 le 28 septembre 2007

ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 19 SEPTEMBRE 2007

 

Le président de la République doit prononcer mardi 18 septembre* un discours portant sur le social devant les journalistes de l’information sociale, à l’occasion du 40e anniversaire de leur association.

Ce week-end, il a demandé à s’entretenir séparément avec quelques responsables syndicaux. Je l’ai donc rencontré samedi midi pendant 40 minutes. On se dit beaucoup de choses en 40 minutes, surtout quand on ne tourne pas autour du pot. Sur les retraites, il devrait confirmer, le 18, sa volonté de réforme avec comme objectif de

sa part un rapprochement avec le régime de la fonction publique.

Je lui ai notamment répondu:

- que nous n’étions pas demandeurs;

- qu’avant toute chose, le gouvernement devrait consulter les fédérations syndicales

des secteurs concernés pour se faire une idée précise, ce qui signifie ne pas présenter

un texte et ne pas fermer le calendrier;

- qu’il était inacceptable de présenter les salariés comme des privilégiés, que leur régime faisait partie de leur contrat de travail, qu’il était plus que légitime de les défendre;

- que les salariés se sentaient stigmatisés et avaient été horripilés par les déclarations du Premier ministre et du président lui-même qui avait employé le terme d’«indigne»;

- que la situation était différente entre les régimes spéciaux et que, par exemple,

un parlementaire, après cinq ans de mandat, disposait à 60 ans de 1 600 euros de retraite par mois à ce titre;

- qu’on ne pouvait extraire ce dossier de celui des retraites en général, pour lequel notamment nous demandons dans l’immédiat le blocage des compteurs à 40 années

de cotisation.

Nous avons ensuite évoqué la fusion UNEDIC-ANPE. Je lui ai rappelé notre opposition en argumentant. Apparemment, le dossier n’est pas bouclé. Nous avons également eu un échange controversé sur le coût du travail. Il pense qu’un allègement favoriserait

la croissance et l’emploi, je lui ai expliqué que c’était le contraire.

Autre point abordé, la nécessité d’avoir un vrai débat sur le financement de la protection sociale collective avec notamment la distinction entre solidarité dite nationale (impôt)

et solidarité dite ouvrière (cotisation), point sur lequel il m’est apparu intéressé.

J’ai tenu par ailleurs à lui faire part de nos inquiétudes sur l’avenir de l’hôpital public, lui donnant des exemples concrets sur l’absence de dialogue, ainsi que sur la réforme

de la carte judiciaire, donc des prud’hommes, qui peut conduire à saboter ces élections.

Enfin, je lui ai demandé quand il (lui ou le gouvernement) répondrait aux revendications, en particulier en matière de pouvoir d’achat dans le public comme dans le privé.

Comme à l’accoutumée, ce fut un contact direct, sans fioritures. Mais il ne suffit pas de se voir pour que les choses aillent bien. Nous écouterons ce qu’il dira le 18 septembre

et chacun prendra ses responsabilités.

* Éditorial écrit le 17 septembre 2007 – NDLR

Publié dans ACTUALITE | Pas de Commentaire »

MARTELER NOS REVENDICATIONS

Posté par foass77 le 28 septembre 2007

EDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 26 SEPTEMBRE 2007

 

Il en restera toujours quelque chose… Tel est le sentiment que l’on peut avoir quand, en deux jours, le président de la République annonce ou confirme toute une série d’initiatives, dans une stratégie de communication bien réglée, laissant entendre que tout peut changer en quelques mois, ce qui est impossible sauf à passer en force avec, par définition, des effets boomerang!

Au fond, il convient d’examiner la cohérence des annonces faites. Au-delà de l’apparence de foisonnement, la cohérence est réelle. Face à une situation économique fortement dégradée mais non reconnue, face à l’inexistence du «choc de confiance», espéré mais non avenu, le choix est fait d’utiliser ou d’accentuer les solutions qui ont pourtant, ces dernières années, largement échoué.

À savoir, plus de flexibilité sociale pour ne pas avoir à faire une rupture économique, au-delà des paroles.

C’est le cas sur les retraites, la fusion UNEDIC-ANPE, l’américanisation de l’assurance-maladie et de la dépendance, l’assouplissement du temps de travail, la privatisation de la gestion de la fonction publique.

Pour ne pas affronter les vrais débats, (par exemple comment relancer la croissance, comment réformer le service public pour mieux respecter les valeurs républicaines), on reprend les vieilles recettes en les aggravant et en faisant diversion en terme de communication.

Ainsi, alors que les annonces faites s’inscrivent dans le cadre des recommandations européennes, on critique parallèlement le rôle de la Banque centrale européenne.

Du côté gouvernemental, ce n’est pas non plus un hasard si des termes forts sont utilisés, ce n’est pas simplement un besoin d’exister. Il en est ainsi sur l’utilisation du mot de «guerre» s’agissant de l’Iran ou du terme de «faillite» s’agissant de l’État. Si tel était le cas –ce qui est faux–, on ne comprend pas pourquoi on continue à réduire les impôts des plus riches.

Dans un tel contexte, la Commission exécutive a décidé de publier un quatre pages qui sera largement diffusé, expliquant la situation, la confrontation des positions et nos revendications. Libres, indépendants et déterminés, tel est notre comportement, y compris dans la construction du rapport de force.

S’agissant des régimes spéciaux de retraite, nous soutenons les fédérations concernées, qui souhaitent notamment conserver 37,5 années dans des secteurs où les agents ne sont en rien des privilégiés.

Au-delà, pour le public comme pour le privé, nous ne renonçons pas à l’objectif de réduire la durée de cotisation. Mais dans l’immédiat, en 2008, nous devons exiger le blocage des compteurs à 40 ans et sommes mandatés en ce sens par le congrès.

Quant au pouvoir d’achat, une de nos revendications prioritaires, on ne trouve rien de concret et d’immédiat dans les propos du pouvoir. De fait, il faudra l’imposer. Concernant la fonction publique, la volonté de la gérer comme une entreprise privée ne peut que correspondre à un éloignement des valeurs républicaines.

Enfin, s’agissant de l’assurance-maladie et de la dépendance, la volonté de développer les couvertures individuelles, c’est-à-dire le rôle des assurances privées, s’inscrit dans une américanisation génératrice d’inégalités criantes et intolérables.

Il nous appartient, parce que nous sommes indépendants, non seulement de dire les choses, de marteler nos revendications, d’alerter, mais aussi de tout mettre en œuvre progressivement pour que la communication s’efface devant les réalités sociales et économiques qui elles, par définition, sont têtues.

Oui, des changements sont nécessaires pour réduire les inégalités, créer des emplois, consolider la solidarité. Mais il est évident que ces changements ne peuvent se faire dans les vieilles marmites des recettes libérales.

Publié dans ACTUALITE | Pas de Commentaire »

POUR INFO, LA REPONSE DE J-C MAILLY à CHRISTINE OCKRENT

Posté par foass77 le 28 septembre 2007

 

Madame Christine Ockrent
France 3

Paris, le 24 septembre 2007

Madame,
Comme vous devriez le savoir, je n’ai jamais donné mon accord pour participer à votre émission du dimanche 23 septembre. Nous vous avons juste demandé quel était le deuxième débatteur. Après nous avoir informés que ce pourrait être M. Claude Allègre, on nous a précisé que ce serait M. François de Closets. Plusieurs jours avant l’émission et malgré des relances incessantes de votre part, nous vous avons indiqué que je ne participerais pas à l’émission.
Dans ces conditions, je trouve pour le moins cavaliers et incorrects vos propos tenus à l’antenne selon lesquels j’aurais déclaré forfait (alors que je n’avais jamais donné mon accord). Pire, que je serais «aux abris», ce qui tend à prouver que vous suivez l’actualité de manière particulière.
La liberté de la presse, à laquelle je suis attaché, n’implique pas de participer à une émission ni de déformer la réalité.
Je vous prie de croire, Madame, à l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Jean-Claude Mailly
Secrétaire général de Force Ouvrière

Publié dans ACTUALITE | Pas de Commentaire »

Pénibilité au travail

Posté par foass77 le 28 septembre 2007

 

PEUT-ON PARLER D’AVANCÉES ?

Lors de la dernière séance de négociation, le patronat a proposé un dispositif de réparation pour les salariés usés par leur vie professionnelle. Les critères d’éligibilité ne satisfont pas les syndicats.

On est loin d’un accord, mais les discussions ont avancé. C’est en substance le sentiment des syndicats après la dernière réunion de négociations sur la pénibilité au travail.

Après des mois d’atermoiements, le patronat a fini par leur présenter mercredi un texte reprenant les points de «convergences» apparus au fil des séances précédentes.

Ce document propose «un cadre collectif de réparation de la pénibilité, incluant une approche personnalisée» qui permettrait de mettre en place un dispositif de cessation d’activité anticipée pour travaux pénibles. Le texte de travail formalise notamment les critères d’accès à ce dispositif: «40 ans d’activité salariée sans limite d’âge, 30 ans d’exposition à des contraintes physiques ou psychiques marquées, à un environnement agressif, à certains rythmes de travail», et l’existence de «traces durables, identifiables et irréversibles» sur la santé. Tout salarié répondant à ces critères devrait passer devant une commission ad hoc, qui validerait ou non sa demande de retraite anticipée. La rupture du contrat de travail serait ensuite à l’initiative du salarié, lui donnant droit à «une indemnité de rupture», similaire à une indemnité de licenciement, «d’un montant à définir». Il percevrait ensuite une «pension d’invalidité de l’assurance maladie».

Le chef de la délégation patronale Denis Gautier Sauvagnac (MEDEF) a affirmé que ces «éléments» lui «permettent d’entrevoir les perspectives d’un accord» même si ce n’est «pas pour demain». En effet, selon FO, il en faudra encore des séances pour clore ces négociations qui durent déjà depuis deux ans et demi.

Les syndicats ne se félicitent que d’une chose : être enfin entré dans le «cœur du sujet», qui est la «réparation de la pénibilité», dixit la CFTC. Pour le reste, ils ne partagent pas vraiment la manière dont le patronat envisage de concrétiser cette réparation. Ainsi, pour la CFDT, «il n’est pas question que ce soit financé par l’Assurance maladie». Tout «financement doit être de la responsabilité de l’employeur», a expliqué la CGC. Les syndicats rejettent également les critères patronaux permettant d’avoir une retraite anticipée. FO n’est par exemple «pas d’accord» sur les 40 ans de cotisation et les 30 ans d’exposition. Les syndicats plaident plutôt pour un système progressif, qui tiendrait compte de la durée de pénibilité de chaque salarié.

La prochaine réunion a été programmée pour le 22 octobre. D’ici là, chacun affinera ses positions.

Publié dans ACTUALITE | Pas de Commentaire »

LA SÉCU À PLUSIEURS VITESSES S’INSTALLE

Posté par foass77 le 28 septembre 2007

Les principes de solidarité de l’assurance maladie sont profondément remis en cause par les nouvelles franchises sur les actes de soins et la généralisation du financement des hôpitaux en fonction de leur activité médicale.

Les finances de la Sécu sont dans le rouge, les malades paieront. C’est l’équation comptable éculée du gouvernement Fillon. Pour réduire le déficit du régime général – 11,7 milliards en 2007, dont 6,2 milliards pour la branche Maladie et 4,6 pour la branche Vieillesse – son projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) prévoit notamment de mettre en place trois nouvelles franchises et de généraliser la «tarification à l’activité» (T2A) dans les hôpitaux publics. Et ce dès le 1er janvier 2008,

Les franchises s’élèveront à 50 centimes d’euro par boite de médicaments et par acte paramédical prescrit, à 2 euros par transport sanitaire. Des sommes prélevées directement sur les remboursements des assurés par les caisses. Selon le PLFSS, leur montant total sera plafonné à 50 euros par an et par patient. Et d’après le ministère de la Santé, 10% à 15% des assurés environ atteindront ce plafond. Les mutuelles et autres assurances complémentaires pourront toujours prendre en charge ces nouveaux déremboursements mais, dans ce cas, elles ne bénéficieront pas des «avantages fiscaux qui soutiennent le développement de l’assurance complémentaire santé», précise le projet. Mais, selon les experts, l’absence de déductions fiscales rend de fait impossible la prise en charge de ces franchises.

S’agissant des hôpitaux, ils seront dorénavant intégralement financés en fonction de leur activité et ne bénéficieront donc plus d’une enveloppe globale. Le gouvernement généralise ainsi la T2A, jusque-là appliquée à hauteur de 50% des budgets des hôpitaux. Concrètement, les hôpitaux assurant le plus grand nombre d’actes médicaux seront les mieux dotés. Dans ces conditions, les établissements à faible activité, notamment en milieu rural, risquent à terme de disparaître. Le gouvernement a justifié son train de mesures par sa volonté de parvenir à l’équilibre des comptes d’ici trois ans en «responsabilisant» les usagers aux dépenses de santé.

Pour les syndicats et les médecins, ce sont autant d’obstacles supplémentaires et inacceptables à l’accès aux soins des patients, qui ne régleront en rien le déficit de l’assurance maladie. Sinon, la réforme Douste-Blazy de 2004 avec ce type d’artifices – forfait d’un euro par acte de soins, T2A, forfait hospitalier à 18 euros franchise de 18 euros au delà de 91 euros de frais médicaux… – aurait atteint son objectif d’équilibrer les comptes à l’horizon 2007.

FO rappelle que la Sécu souffre avant tout du tarissement de ses sources de financement: recettes insuffisantes des cotisations en raison d’une croissance atone, empilement des exonérations non compensées, dette de plusieurs milliards d’euros de l’Etat envers le régime général, faveurs accordés aux actionnaires ((voir notre article du vendredi 14 septembre 2007)) etc. Pour la confédération, les mesures présentées lundi ne visent donc qu’«à développer des couvertures individuelles, ce qui ne peut que conduire à développer les inégalités, la privatisation et une protection sociale à plusieurs vitesses».

Le président Nicolas Sarkozy ne s’en cache d’ailleurs pas. Il a annoncé le 18 septembre l’ouverture prochaine d’un «grand débat sur le financement de la santé» afin de savoir ce qui à l’avenir devra «être financé par la solidarité nationale» et ce qui devra «relever de la responsabilité individuelle à travers une couverture complémentaire». Un débat à l’issue duquel d’autres «mesures fortes et structurantes» devront être prises, a-t-il précisé. Que restera-t-il alors des principes fondateurs de la Sécurité Sociale?

Publié dans ACTUALITE | Pas de Commentaire »

123
 

hors-micro |
Le blog de Lucas Destrem - ... |
joaniz |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Info33
| Le rouge et le noir
| nassimok